Espèces

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Ce sont eux qui nous ont forcés, les premiers, à revoir les frontières de l’animalité. Outils, traditions, structures sociales… nous n’avons pas fini d’apprendre de nos cousins primates. Notre numéro 6 vous promet de belles rencontres : avec un “archéologue des primates”, Frédéric Joulian, mais aussi avec des macaques japonais à l’épaisse fourrure et des chimpanzés recouvrant leur liberté dans les forêts de Guinée.Les singes nous parlent de nous, mais n’oublions pas de parler d’eux ! (sommaire complet ici).

Ce sont eux qui nous ont forcés, les premiers, à revoir les frontières de l’animalité. Outils, traditions, structures sociales… nous n’avons pas fini d’apprendre de nos cousins primates.
Notre numéro 6 vous promet de belles rencontres : avec un “archéologue des primates”, Frédéric Joulian, mais aussi avec des macaques japonais à l’épaisse fourrure et des chimpanzés recouvrant leur liberté dans les forêts de Guinée.
Les singes nous parlent de nous, mais n’oublions pas de parler d’eux ! (sommaire complet ici).

Classé dans espèces histoire naturelle species primates primatologie magazine

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cognizingconsciousness:

Human Brains Develop Wiring Slowly, Differing from Chimpanzees
Research comparing brain development in humans and our closest nonhuman primate relatives, chimpanzees, reveals how quickly myelin in the cerebral cortex grows, shedding light on the evolution of human cognitive development and the vulnerability of humans to psychiatric disorders. Myelin is the fatty insulation surrounding axon connections of the brain.
Recent research by Chet Sherwood, associate professor of anthropology in Columbian College of Arts and Sciences, along with Daniel Miller, a former GW graduate student, and other colleagues, reveals this key difference in brain development between human and chimpanzee. The findings were recently published in the September 24th edition Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).
In the article, Dr. Sherwood and co-authors write that the development of myelin from birth to adulthood in humans is protracted in comparison to chimpanzees. In humans, myelin develops slowly during childhood, followed by a delayed period of maturity beyond adolescence and into early adulthood. In contrast, in chimpanzees, the development of myelin already starts at a relatively more mature level at birth and ceases development long before puberty.
“These observations indicate that a marked delay in the development schedule of the human neocortex may play an important role in the growth of connections that contribute to our species-specific cognitive abilities,” wrote Dr. Sherwood and co-authors.
The developmental timing of myelination is important because it establishes connectivity among parts of the growing brain, which is essential to higher-order cognitive functions, such as decision-making and emotional regulation. These cognitive functions are known to mature relatively late in humans, after the time of adolescence. Also, this period of persistent myelin development during early adulthood in humans is a time of particular vulnerability to neuropsychiatric diseases, including schizophrenia, bipolar disorder, and depression.
(SD)

cognizingconsciousness:

Human Brains Develop Wiring Slowly, Differing from Chimpanzees

Research comparing brain development in humans and our closest nonhuman primate relatives, chimpanzees, reveals how quickly myelin in the cerebral cortex grows, shedding light on the evolution of human cognitive development and the vulnerability of humans to psychiatric disorders. Myelin is the fatty insulation surrounding axon connections of the brain.

Recent research by Chet Sherwood, associate professor of anthropology in Columbian College of Arts and Sciences, along with Daniel Miller, a former GW graduate student, and other colleagues, reveals this key difference in brain development between human and chimpanzee. The findings were recently published in the September 24th edition Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

In the article, Dr. Sherwood and co-authors write that the development of myelin from birth to adulthood in humans is protracted in comparison to chimpanzees. In humans, myelin develops slowly during childhood, followed by a delayed period of maturity beyond adolescence and into early adulthood. In contrast, in chimpanzees, the development of myelin already starts at a relatively more mature level at birth and ceases development long before puberty.

“These observations indicate that a marked delay in the development schedule of the human neocortex may play an important role in the growth of connections that contribute to our species-specific cognitive abilities,” wrote Dr. Sherwood and co-authors.

The developmental timing of myelination is important because it establishes connectivity among parts of the growing brain, which is essential to higher-order cognitive functions, such as decision-making and emotional regulation. These cognitive functions are known to mature relatively late in humans, after the time of adolescence. Also, this period of persistent myelin development during early adulthood in humans is a time of particular vulnerability to neuropsychiatric diseases, including schizophrenia, bipolar disorder, and depression.

(SD)

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Pour son numéro anniversaire, Espèces vous propose de découvrir le monde vivant qui nous habite. Sur un corps mort,  les entomologistes de la médecine légale font parler les insectes nécrophages pour résoudre des enquêtes criminelles. Sur un corps vivant, les médecins s’intéressent à ceux qui, plus discrets, travaillent à notre équilibre ou à nos déséquilibres. Nous n’en avons pas toujours conscience, mais tout être vivant est un écosystème en lui-même… alors, “notre” biodiversité serait-elle aussi en danger ? Retrouvez vos rubriques habituelles, mais aussi de nouvelles ! (sommaire complet ici).

Pour son numéro anniversaire, Espèces vous propose de découvrir le monde vivant qui nous habite. Sur un corps mort,  les entomologistes de la médecine légale font parler les insectes nécrophages pour résoudre des enquêtes criminelles. Sur un corps vivant, les médecins s’intéressent à ceux qui, plus discrets, travaillent à notre équilibre ou à nos déséquilibres. Nous n’en avons pas toujours conscience, mais tout être vivant est un écosystème en lui-même… alors, “notre” biodiversité serait-elle aussi en danger ?
Retrouvez vos rubriques habituelles, mais aussi de nouvelles ! (sommaire complet ici).

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Des cyber-escargots pour produire de l’électricité

Extraire de l’électricité à partir d’un escargot est dorénavant possible. Les applications imaginables à cette découverte sont innombrables. (photo Journal of the American chemical society)


Dorénavant, une douzaine d’escargots ne feront pas que saliver les gourmets : lui permettront-ils de s’éclairer ? Des chercheurs s’attachent à produire de l’électricité en adjoignant une pile à biocombustible à des animaux. D’ici à ce que l’on remplace les centrales nucléaires par des champs d’escargots, le pas est infranchissable pour l’heure. Mais l’idée fait son chemin. Et la perspective est celle de batteries cybernétiques autoalimentées.

Ces derniers mois, le laboratoire d’Evgeny Katz, à l’université de Potsdam, dans l’Etat de New-York, s’est transformé en terrarium. Une douzaine de mollusques y batifolent. Ils sont légèrement différent de ceux que l’on croise en Europe : il sont devenus des cyborgs et transportent des implants miniatures de haute technologie. Les chercheurs de cette université américaine ont implanté une minuscule pile à biocombustible dans chaque individu. Celle-ci se charge de créer de l’électricité à partir du glucose et de l’oxygène qui composent le “sang” de l’escargot. “Ils rampent, boivent et mangent à leur faim. Nous prenons garde à les maintenir heureux et en bonne santé”, assure Evgeny Katz à Nature. Au début du mois de mars, ce dernier a publié dans le Journal of american chemical society un article faisant le point sur ces recherches.

C’est ainsi que les escargots de ce scientifique ont produit jusqu’à 7,45 microwatts. Une paille. Mais qui pourrait permettre le développement d’autres applications. En effet, les travaux menés dans l’Etat de New York sont loins d’être les seuls au monde. Des publications déjà réalisées ou à venir traitent ainsi de piles à biocombustibles implantées sur des scarabées. Une autre étude américaine a permis d’obtenir de bons résultats à partir de cafards.

Parmi ces laboratoires, celui de Philippe Cinquin, à l’université Joseph-Fourier de Grenoble. En implantant des piles à glucose sur des rats, ce chercheur et son équipe envisagent, à terme, d’implanter des piles à biocombustibles sur l’être humain. L’objectif serait ainsi de faire fonctionner des appareils médicaux tels qu’un pacemaker.

Au delà de l’application purement médicale, le Département américain de la Défense a vu en ces animaux cyborgs une possible application militaire. Ainsi, depuis plus d’une décennie, des chercheursont équipé des insectes et autres rampants de piles à combustibles permettant de faire fonctionner de minuscules senseurs et antennes. Lâchés, par exemple, dans les lignes ennemies, ces insectes pouvaient collecter une masse importante d’informations utiles dans un but militaires.

 Plus la pile est petite, moins l’énergie électrique extraite est importante. C’est pour cela que des scientifiques cherchent maintenant à en tester sur des animaux plus grands. Ainsi, Evgeny Katz affirme vouloir travailler sur une pile à biocombustible adaptée au homard.


Julien Balboni
(texte largement inspiré d’un article de Nature, publié le 12 mars)

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Les Alpes de demain sans gentiane ni edelweiss ?

L’edelweiss, célèbre plante de montagne et l’un des symboles de la Suisse pourrait disparaître des Alpes d’ici quelques décennies, selon une importante étude pan-européenne. (photo Tobias Gasser)


L’Europe des nations tousse et grogne. Celle des chercheurs parvient néanmoins à s’unir. Il y a plusieurs semaines, 32 chercheurs de 13 pays européens ont publié une vaste et ambitieuse étude sur les effets du changement climatique sur la flore alpine. Pilotée par l’université de Vienne, ce projet intitulé GLORIA (Global observation research initiative in alpine environments) s’est voulu de longue haleine.

Ainsi, 60 sommets alpins de 17 massifs différents et 764 espèces de plantes ont été étudiées de près. L’étude a débuté en 2001, avant qu’une nouvelle vague de mesures ne soit menée en 2008. Et c’est seulement début 2012 que le tout a été publié, dans Nature climate change. Sont concernés la majeure partie des massifs européens, de l’Oural à la Sierra Nevada, des Highlands à la Crète. Il s’agit de la première étude paneuropéenne sur ce sujet.

De manière plus précise, les chercheurs ont assigné à chaque espèce étudiée un “rang” d’altitude lié à sa “performance” maximale, c’est à dire l’altitude où l’espèce concernée s’épanouira au mieux. Comme l’altitude et la température sont directement liées - on dit communément qu’en moyenne, on perd 1°C par tranche de 100 mètres - l’endroit où la plante a trouvé refuge sept ans plus tard traduit sa réponse au changement climatique.

Que révèle cette étude ? “Des résultats clairement significatifs”, insiste Ottar Michelsen, chercheur à l’Université norvégienne de science et technologie, cité par sciencedaily.com. “Vous pouvez trouver des études qui montrent des effets locaux (du réchauffement, ndlr) et où les chercheurs ont voulu montrer un effet global. Mais dans cette étude, tellement de massifs dans tellement d’endroits sont concernés et montrent un effet qu’au final, le résultat est important.

Pas de nouveauté saisissante à se mettre sous la dent, non. Le lien entre réchauffement et évolution des communautés végétales était connu. Mais l’aspect continental de cette évolution n’avait jamais été mis en évidence.

C’est ainsi que les chercheurs ont constaté que de nombreuses plantes adaptées au froid étaient remplacées, en l’espace de sept ans, par des espèces appréciant plus la chaleur. Plus grave, selon les conclusions menées par cette étude, plusieurs espèces d’edelweiss et de gentiane, tolérantes au froid et typiques des Alpes, pourraient disparaître de nos massifs d’ici quelques décennies seulement. “Cette transformation à l’échelle continentale peut être considérée comme une réponse rapide de l’écosystème au réchauffement climatique. C’est significatif quand on rassemble ces données venues de toute l’Europe”, précise l’étude. Et concernant les espèces comme l’edelweiss, poursuivent les chercheurs poursuivent : “le déclin des espèces de très haute altitude a été observé de manière récente dans les Alpes”.

Le réseau GLORIA regroupe plus de 100 équipes de recherche issues de six continents qui étudient les régions de montagne du monde entier. Une nouvelle étude sera réalisée en 2015. C’est à la fin de la décennie que l’on saura si un coeur amoureux aura pris soin de l’étoile des neiges…

Julien Balboni

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L’image de “une” du numéro 3 d’Espèces, un fossile d’Anchiornis, curieux dinosaure carnivores couvert de plumes. (photo Muséum d’Orléans) 
 Vous pouvez télécharger ici la Une et le sommaire du numéro 3 d’Espèces. Il sera en kiosque le 16 mars et dans les boîtes aux lettres des abonnés un peu plus tôt, les veinards.  Sans trop paraphraser le document ci-dessus, ce nouveau numéro pas encore chaud (il est en cours d’impression en ce moment) est largement dédié à la paléontologie. Plus d’une vingtaine de pages y sont consacrées. Interview, reportage, et articles de chercheurs, voici le triptyque que nous tentons de respecter à chaque numéro. En plus de ce dossier, des actus, des rencontres, des connaissances récentes mises en valeur par des scientifiques, nos rubriques habituelles (médias, muséums, portrait, entr’espèces, port-folio) et beaucoup d’illustrations. Nous espérons que vous aurez autant de plaisir à lire ce numéro que nous à l’avoir conçu. Nous remercions d’ores-et-déjà les contributeurs d’Espèces pour leur ponctualité et leur talent. A bientôt La rédaction.

L’image de “une” du numéro 3 d’Espèces, un fossile d’Anchiornis, curieux dinosaure carnivores couvert de plumes. (photo Muséum d’Orléans)


Vous pouvez télécharger ici la Une et le sommaire du numéro 3 d’Espèces. Il sera en kiosque le 16 mars et dans les boîtes aux lettres des abonnés un peu plus tôt, les veinards.

Sans trop paraphraser le document ci-dessus, ce nouveau numéro pas encore chaud (il est en cours d’impression en ce moment) est largement dédié à la paléontologie. Plus d’une vingtaine de pages y sont consacrées. Interview, reportage, et articles de chercheurs, voici le triptyque que nous tentons de respecter à chaque numéro.

En plus de ce dossier, des actus, des rencontres, des connaissances récentes mises en valeur par des scientifiques, nos rubriques habituelles (médias, muséums, portrait, entr’espèces, port-folio) et beaucoup d’illustrations.

Nous espérons que vous aurez autant de plaisir à lire ce numéro que nous à l’avoir conçu. Nous remercions d’ores-et-déjà les contributeurs d’Espèces pour leur ponctualité et leur talent.

A bientôt
La rédaction.

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Quand des puces géantes parasitaient les dinosaures à plumes

Une puce géante du Jurassique moyen (Mongolie intérieure, Chine) (photo © Huang)

Elles devaient provoquer de gigantesques démangeaisons et considérablement géner leurs hôtes. Peut-être même leur volaient-elles dans les plumes. C’est aujourd’hui qu’une équipe internationale, conjointe du Muséum national d’histoire naturelle et du CNRS a publié dans Nature une découverte tout à fait innovante et surprenante. Dirigés par André Nel du laboratoire “Origine, structure et évolution de la biodiversité”, les chercheurs ont mis au jour une série d’insectes fossiles datant du Jurassique moyen et du Crétacé inférieur (environ - 165 MA). C’est la première fois que des insectes hématophages - qui se nourrissent de sang - aussi anciens sont ainsi découverts. Selon les chercheurs, ces puces géantes vivaient au détriment de vertébrés terrestres tels que les dinosaures à plumes.

Un fossile de Microraptor, dinosaure à plumes du Crétacé inférieur (130 à 125 MA), issu de la province chinoise du Liaoning (photo Muséum d’histoire naturelle d’Orléans)


Les fossiles d’insectes dits ectoparasites (parasites externes, vivant à la surface corporelle d’un être vivant) découverts étaient jusqu’à présent nettement plus récents (- 65 MA et après). Il n’existait pas auparavant de fossiles datant de l’ère Mésozoïque (où apparaissent dinosaures et mammifères). Ces puces géantes ont été trouvées dans les provinces du Liaoning et de Mongolie intérieure, en Chine, particulièrement réputées pour leurs innombrables fossiles de l’ère Tertiaire. L’étude de ces pièces a montré que les puces étaient dotées d’adaptations morphologiques pour transpercer la peau de leurs hôtes et s’y accrocher. Ce qui laisse à penser que les victimes de ce parasitisme étaient couverts de plumes, comme on le sait déjà depuis des années grâce à des spécimens comme Microraptor ou Anchiornis (voir photos).

Anchiornis (qui signifie “proche de l’oiseau”) était un dinosaure théropode vivant au milieu du Jurassique (160 à 155 MA). Il était recouvert de plumes, pouvait voler, mais pas planer (cliché Muséum d’histoire naturelle d’Orléans)

Cette découverte montre que l’ectoparasitisme, cette interaction biologique complexe entre plusieurs organismes, est une activité très ancienne, qui existait donc déjà au Jurassique (entre - 200 et 145 MA). En outre, la science est aujourd’hui en possession d’informations supplémentaires concernant les formes intermédiaires entre Mécoptères et les siphonaptères modernes (c’est à dire les puces que l’on connait de nos jours).
En ce moment, une exposition particulièrement intéressante sur les dinosaures à plumes est à voir au Muséum d’histoire naturelle d’Orléans. Intitulée le Chant des dinosaures, cette expo permet notamment de découvrir quelques pièces exceptionnelles venues de Chine comme Anchiornis ou Microraptor, tels qu’illustrées ici par des images. Par ailleurs, le public pourra admirer le fossile de la plus ancienne plante à fleur connue, Archaefructus liaoningensis.

Julien Balboni

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Le drame de la surpêche finit par faire réagir la communauté internationale

Filets, chaluts et casiers font partie des symboles des techniques de pêche qui ont permis l’augmentation importante de la “productivité”. Au prix d’un déclin dramatique des stocks. (photo Marcin Marucha)


L’information a été relayée sans pour autant retenir une très forte attention. Elle n’est pas pour autant anodine, bien au contraire. Vendredi, la Banque mondiale a annoncé la création d’une alliance mondiale pour une meilleure gestion des océans. Cette alliance va d’abord chercher à recueillir 300 millions de dollars (224 M€) auprès d’Etats pour son fonctionnement et sa coordination. Mais l’objectif réel est parvenir à lever 1,2 M$ en cinq ans. Une somme importante qui aura pour but premier la reconstitution des stocks de poisson, gravement touchés par la surpêche. Cette alliance entend rassembler les ONG, les Etats et la Banque mondiale, qui dépensent déjà des centaines de millions dans la défense des océans, sans pour autant être coordonnés.

La première nouvelle est déjà politique. Robert Zoellick, président de la Banque mondiale, avait été nommé, comme le veut l’usage, par le président américain, à l’époque George W. Bush. Ancien adjoint de Condoleeza Rice au secrétariat d’Etat, cet ancien avocat remplaçait alors le fameux “faucon néoconservateur”, Paul Wolfowitz, qui avait à l’époque plutôt hérissé les diplomates français défavorables à une intervention en Irak. Zoellick, donc, est un conservateur, et son mandat va s’achever le 30 juin. Il laissera à son successeur d’assumer la création de cet ambitieux montage. Par ailleurs, plutôt marqué à droite, il était plutôt connu pour être le nemesis des altermondialistes de tout poil plutôt qu’un écolo chevronné. Mais cet investissement à venir attend également un retour : Robert Zoellick estime à 5 milliards de dollars (3,75 MM€) la perte annuelle nette des entreprises de pêche. Il entend renverser la tendance et "accroître leur bénéfice net de 20 à 30 milliards de dollars (de 15 à 22,5 milliards d’euros)"

C’est dire, donc, à quel point le thème de la surpêche et du déclin des océans est devenu si important qu’il parvient à attirer l’attention d’un poids lourd comme la Banque mondiale. Robert Zoellick a ainsi précisé vendredi :  “(Protéger les océans) est un défi si gigantesque qu’il ne saurait être relevé par un seul pays ou une seule organisation. Nous avons besoin d’une action mondiale coordonnée pour redonner la santé à nos océans. Ensemble, nous nous appuierons sur les excellents travaux déjà réalisés pour répondre aux menaces qui pèsent sur les océans, identifier des solutions réalisables et les faire passer à la vitesse supérieure.”

Seconde remarque : n’est-il déjà pas trop tard ? En quelque décennies, la surpêche a proprement vidé les océans. On considère que 85% des zones de pêche sont exploitées à leur maximum, surexploitées ou épuisées. Certaines espèces ont tellement décliné que leur pêche est aujourd’hui protégée (thon rouge, requin-taupe, etc.). L’exemple le plus frappant reste naturellement celui de la morue à Terre-Neuve, un temps richesse nationale, tellement surexploitée qu’elle a disparu des côtes canadiennes, laissant une gigantesque industrie à l’agonie. Malgré un moratoire signé en 1992, jamais la morue n’est revenue à Terre-Neuve.


Comment en est-on arrivé à un tel point de non-retour ? Par l’industrialisation des moyens de pêche, principalement. En construisant des bateaux toujours plus immenses et efficaces, conçus pour répondre une demande croissante de poisson. Et en ouvrant une boîte de Pandore qu’il est bien difficile de refermer. “Le sentiment d’impuissance domine. Les recettes existent mais nous n’avons pas les capacités de les mettre en oeuvre. Le contraste est frappant : l’homme a su conquérir et exploiter le monde marin au cours des deux dernières décennies, mais il ne parvient pas à freiner sin emprise et ce, alors même que la technologie ne cesse d’accroître sa suprématie sur les ressources”, écrivaient Philippe Cury et Yves Miserey dans Une mer sans poissons, en 2008. La création d’une alliance mondiale pour les océans pourrait être à même de les faire mentir, si les projets annoncés sont menés à bien. Et notamment l’extension massive du nombre d’aires marines protégées qui ont largement fait leurs preuves à travers le monde, mais pas assez nombreuses (0,7 % de la surface des océans) pour être décisives. A quelques mois de l’inauguration du sommet Rio + 20, le pari semble pris.

Julien Balboni

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La biodiversité en Île-de-France décline à grande vitesse

La huppe fasciée ne niche plus que dans le sud de la région. Moins de dix couples subsistent en Île-de-France. (photo Georges Olioso)

On connaît principalement la fameuse liste rouge de l’UICN pour ces espèces rarissimes en danger d’extinction, souvent à l’autre bout du monde, comme le rhinocéros de Java ou le cheval de Przewalski. Mais l’Union internationale pour la conservation de la nature a voulu également prendre en compte le milieu urbain dans ses analyses.
C’est ainsi que, ces dernières semaines, plusieurs études sont venues faire le point sur la biodiversité dans les grandes villes, et notamment à Paris et en Île-de-France. Pas de surprise : celle-ci ne se porte pas franchement comme un charme. Natureparif, l’agence régionale pour la nature et la biodiversité, a ainsi calculé qu’une espèce d’oiseaux nicheurs sur quatre est menacée en Île-de-France. Pourquoi les oiseaux nicheurs ? Il sont plus représentatifs et plus facile à comptabiliser que les oiseaux hivernants et/ou migrateurs.


Le bruant jaune, encore bien répandu dans les campagnes franciliennes, a vu sa population diminuer de 20% en dix ans. A ce rythme, il pourrait être considéré comme “vulnérable” lors de prochaines éditions des listes rouges. (photo Denis Attinault)



D’ores et déjà, une dizaine d’espèces ont disparu de la région. C’est le cas de plusieurs oiseaux vivant dans les zones humides, en voie de disparition en Île-de-France. La bécassine des marais, le râle des genêts ont ainsi quitté la région. Le dernier butor étoilé s’est éteint il y a environ une quinzaine d’années.
Pas beaucoup mieux loties sont les espèces considérées en “danger critique d’extinction” comme le busard des roseaux ou la sterne naine. Ceux-là ne disposent plus que de quelques dizaines de couples nicheurs, parfois moins. Leur sort semble jeté. C’est ainsi que sur les 151 espèces d’oiseaux nicheurs recensées dans la région capitale, 39 sont considérées – selon les critères de l’UICN – comme “menacées”. Une espèce sur quatre. Ce constat est à rapprocher de celui résultant de la Liste rouge des oiseaux menacés en France, publiée en mai 2011, qui est exactement le même : 26% des espèces nicheuses menacées. Étonnant vu que l’Île-de-France est l’une des régions les plus urbanisées d’Europe ? Pas franchement si l’on observe les chiffres de plus près : le taux d’espèces classées en “préoccupation mineure” est bien plus important dans l’Hexagone qu’en Île-de-France (62% contre 52%).
Quelles sont les raisons de ce déclin massif proposées par Natureparif ? Principalement le recul important de la qualité environnementale des secteurs agricoles, ainsi que la fragilisation des zones humides, qui reste un point noir partagé avec le reste du pays. Point positif - qui pourrait moins amuser les passants arrosés de guano - les espèces dites “spécialistes du bâti” se portent plutôt bien : parmi les treize existantes dans la région, seule une est considérée comme “quasi menacé”, il s’agit du moineau friquet, probablement le plus rural de tous les spécialistes du bâti.



Le coquelicot hybride est en danger critique d’extinction. ©Sophie Auvert (CBNBP/MNHN)


Et hormis les oiseaux, qu’en est-il des autres représentants du vivant ? Sans surprise, ça ne va pas fort du côté des plantes. Natureparif, toujours en partenariat avec le Muséum et le Conservatoire botanique national du bassin parisien, a étudié, ces dernières années, plus de 1500 espèces de flore vasculaire (plantes à fleurs et fougères) indigène à l’Île-de-France. Il s’avère ainsi que, depuis le XVIIIe siècle, 85 de ces espèces ont tout simplement disparu (6% du total), 400 autres sont menacées (26%), dont 128 en risque majeur d’extinction durant les prochaines années (8%).

Les causes majeures du déclin restent les mêmes. Avancée du bâti, changement des pratiques agricoles et recul des zones humides. Ainsi, quelques espèces comme l’adonis d’automne ou la sabline sétacée devraient disparaître dans les années qui viennent.

“Et alors” maugréera le lecteur blasé. Dans les villes, il y a moins de fleurs et d’oiseaux, rien de neuf sous le soleil, pas la peine d’en faire des tartines qui obstrueront mes neurones ! L’intérêt ? Ces listes extrêmement précises des espèces menacées - obtenues pour beaucoup grâce à des amateurs passionnées, chasseurs d’images et de bestioles - permettent de faire un point précis sur l’efficacité des programmes de sauvegarde d’espèces menacées. C’est ainsi qu’un oiseau emblématique comme la chouette chevêche a pu voir le nombre de ses représentants augmenter ces dernières années dans la région Île-de-France, grâce à ce type de programme. Côté plantes, le flûteau nageant ou les messicoles ont pu être secourus et sauvegardés.

Reste maintenant à poursuivre ce genre d’action afin que la faune commune, celle que l’on n’observe parfois même plus, obnubilés que nous sommes par les espèces plus spectaculaires comme les éléphants, les requins ou les phoques, puisse revenir, parfois dans nos villes.

Julien Balboni